domingo, 2 de dezembro de 2007

Céline

Correspondência de Céline revela dispositivos de alta perfomance escritural e crítica Acaba de sair nova edição da correspondência de L.F. Céline com a sua excelente secretária, Marie Canavaggia, desta feita na Editora Gallimard. Philippe Lancon revelou no Libé como tudo se pode ler.

Céline et la «vache matière»

Quand l’auteur de «Mort à crédit» écrivait depuis Elseneur.
PHILIPPE LANÇON

Louis-Ferdinand Céline Lettres à Marie Canavaggia 1936-1960 Édition établie et annotée par Jean-Paul Louis, Gallimard, 752 pp., 39 euros. David Alliot L’Affaire Louis-Ferdinand Céline. Les archives de l’ambassade de France à Copenhague 1945-1951 Horay, 183 pp., 20 euros.

Ecrire c’est danser, danser fatigue. «Mais si je cesse de danser une seconde alors la mort m’emporte.» Lettre de Céline à sa secrétaire, Marie Canavaggia, Copenhague, 5 mai 1947. Le barde infernal est en prison depuis décembre 1945, pour un mois encore. On a tué son éditeur, Robert Denoël, sur l’esplanade des Invalides. Sa mère vient de mourir. Il ne l’avait pas vue depuis sa fuite, en juin 1944. «Je me repens effroyablement de mes duretés envers elle, écrit-il dans une autre lettre. Je la vois encore nous quittant comme un pauvre chien congédié au coin de l’avenue Junot.» Vivre en fuite, en exil, au trou ? «L’aventure de loin chère amie c’est toujours de l’aventure, de près c’est du somnambulisme atroce.» Le somnambule marche et rêve donc, en horreur surexposée. Et d’abord il écrit : Féerie pour une autre fois, des ballets et des centaines de lettres, dont celles à Marie Canavaggia.
«Hirondelle». Cette correspondance avait été publiée, en 1995 et en deux tomes, aux éditions du Lérot. La nouvelle édition touchera un public plus large, et c’est mérité : elle tient une place centrale dans l’édifice épistolaire peu à peu réuni par Gallimard, entre les Lettres de prison à Lucette Destouches et à Maître Mikkelsen, l’efficace avocat danois de Céline, celles à Milton Hindus, son admirateur et soutien américain, et bien sûr celles à la NRF.
A l’époque danoise, Marie Canavaggia a 50 ans et vit à Paris. Elle traduit des auteurs anglo-saxons, dont Henry James et John Cooper Powys. Elle est corse. Céline lui écrit : «Marie vous êtes l’hirondelle d’hiver, mais l’hirondelle.» Et on dirait du Sade. Mais quand, amoureuse peut-être, elle entre en sentiments (on n’a pas ses lettres, mais on le devine aux réponses de Céline), il s’énerve : «Que voulez-vous qu’un bagnard foute de votre guitare ! Je vous aime bien mais pas dans cet infernal babillage autour du cul ! du cœur ! enfin de ce que vous voulez !» Guitare, hanches et sérénade ? A la casse. Marie est là pour bosser, être «sérieuse», récupérer l’argent qui manque chez débiteurs et éditeurs : «Vite, au galop, sans chichis, repentirs, racinismes, bovarysmes, desbordevalmorysmes, pisanismes et sans morale surtout.»
Libération

3 comentários:

Táxi Pluvioso disse...

E se Celine fosse la vache qui rit?

Anónimo disse...

"Alta perfomance escritural e crítica" e antisemitismo notório.

André Carapinha disse...

Anti-semita ou não anti-semita, um dos maiores vultos das letras do sec XX.