O director do Libération, Laurent Joffrin, publicou ontem um editorial, que cimenta a "cruzada" muito corajosa que imprimiu ao quotidiano, contra os amigos e capitalistas de Sarkozy que dominam os principais Médias franceses
Nada melhor para fazer sair a França do "marasmo, do desespero social e do cinismo", que dominaram o espaço sociopolítico gaulês do que a vitória da Ségolène Royal, postula o director do grande matutino parisiense." Royal quer mudar a Esquerda ultrapassando os seus atávicos reflexos. Ela deverá concretizar tal aposta pela vitória: eis o principal móbil da sua candidatura". E vai mais longe, num texto que deve ler todo, já." O que é no fundo ser presidenciável? Muito simples: ter carácter: A França é, sem dúvida, o único país no Mundo onde se espera do presidente ou da presidente uma espécie de omnisciência tecnocrática aliada a um carisma oratório. Quando é o espírito de decisão e a sensibilidade para o país que contam".
FAR
"La France veut changer d'air. Fatiguée des élites, elle cherche de nouveaux dirigeants, une nouvelle politique, une nouvelle république, qui la sorte enfin du marasme, de la désespérance sociale et du cynisme qui ont dominé les deux dernières décennies.
La volonté de changer a favorisé un Sarkozy qui a promis la rupture face à tous les apprentis candidats que Jacques Chirac lui a jetés dans les jambes, Raffarin, Villepin ou Alliot-Marie. La volonté de changer a propulsé Ségolène Royal au firmament lors de la primaire socialiste. La volonté de changer a fait la fortune d'un François Bayrou et de son «centrisme révolutionnaire».
Question cruciale : pourquoi cette volonté n'a-t-elle pas favorisé plus que d'autres Ségolène Royal ? Parce que le travail de rénovation idéologique réussi par Nicolas Sarkozy pendant les cinq ans de sa longue campagne, auquel s'ajoute le contrôle total de l'appareil UMP, n'a pas trouvé son équivalent au PS. Assemblage fragile d'écuries présidentielles, le PS n'a pas produit de projet digne de ce nom. Ségolène Royal s'est retrouvée seule en rase campagne. La bravitude, ça n'existe pas. La solitude, oui. Royal veut changer la gauche contre elle-même. Elle devra le faire par la victoire : c'est tout le pari de sa candidature.
Qu'importe, dira-t-on. Le changement, nous l'aurons avec Bayrou. La victoire du centriste créerait une rupture décisive dans la vie politique. Mais quelle rupture ? Une meilleure gestion du pays, peut-être, une équipe nouvelle, sans doute, un président tolérant, certainement. Les centristes y trouveront leur compte. Mais la gauche ? Certainement pas. Le rejet des élites, du système, du microcosme, en un mot toute cette rhétorique maintes fois utilisée dans l'Histoire de France ne conduit jamais à une politique de gauche. Le changement social avec Jean Arthuis, comptable aimable aux idées courtes ? Le changement avec Charles-Amédée de Courson, réac champenois bien connu ? Le changement avec ces députés UDF qui ne peuvent espérer retrouver leur siège sans l'appui de l'UMP ? Ségolène n'est pas assez à gauche, votons plus à droite : telle est la logique baroque qui préside au raisonnement des «bayrouistes» de gauche.
Reste évidemment la question qu'on n'ose pas poser. Si Ségolène Royal ne séduit pas, murmure-t-on, c'est qu'elle n'est pas «présidentiable». Autrement dit, elle flotte dans le costume. Elle y flotte d'autant plus que ce costume est percé des coups de poignard discrètement portés dans son dos par ses amis furieux de se voir supplantés. Jamais candidate ou candidat de gauche n'a été aussi peu soutenu. Qu'elle soit encore au-dessus de 20 % dans ces conditions tient du miracle. Qu'est-ce au fond qu'être présidentiable ? C'est très simple : avoir du caractère. La France est sans doute le seul pays au monde où l'on attend du président ou de la présidente une sorte d'omniscience technocratique alliée à un charisme oratoire. Alors que c'est l'esprit de décision et la sensibilité au pays qui comptent. Sur ces deux chapitres, Ségolène Royal a montré qu'elle égalait sans peine ses adversaires. Cette femme saura décider. Que demande le peuple de gauche ?"
Laurent Joffrin
2 comentários:
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